La Frite Dechainee
Facebook de La Frite Déchaînée
Twitter de La Frite Déchaînée
Chaîne de La Frite Déchaînée
Flux RSS de La Frite Déchaînée

Intramurock – Part 2

Cédric 3 novembre 2012 Exposition, Festival, Musique, Peinture, Photographie
Intramurock – Part 2

Après une première soirée qui nous avait mis dans le bain de cette 12ème édition du festival Intramurock, nous attendions beaucoup de cette seconde journée. Avec des groupes comme François Gauthier ou encore Tronckh, l’affiche promettait beaucoup et c’est donc avec un sourire non dissimulé que nous sommes arrivés dans la salle de La Faïencerie, il n’allait plus nous quitter de la soirée…

Boulogne sur Mer est une ville incroyable, déjà de par son ambiance mais aussi de par sa richesse musicale, chaque année ce sont de nouveaux groupes qui se forment pour notre plus grand plaisir. Plein la Gueule fait parti de ceux là. Arrivée il y a peu sur la scène boulonnaise, la formation nous offre une chanson française qui, à contrario de Plan A4 ne fait pas dans le tout humoristique, plutôt dans le sérieux, le quatuor nous permet de démarrer cette seconde et dernière journée calmement, paisiblement tout en écoutant les textes engagés que chante Serge. Véritable « gueule », nous sommes happés par celle-ci, comment ne pas l’être ? Comment aussi ne pas être abasourdi lorsque l’on sait que celui-ci était malade et que sur scène il n’y paraît rien… Impressionant est le mot ! Pourtant ce ne serait pas rendre justice aux musiciens qui l’accompagnent, jouant juste et sans fausses notes, on se délecte de chaque moment et de chaque son qui nous parvient. En fin de compte, nous recommencions comme nous avions fini la veille, sans être brusqués. Un démarrage tout en douceur qui allait être perturbé avec l’arrivée de François Gauthier !

Et là, c’est à un tout autre visage que nous avons eu affaire. Pur rock français, François Gauthier nous rappelle dès les premiers instants Thiéfaine de par sa voix et Noir Désir de par la musique. La comparaison est facile mais elle n’enlève en rien au talent du groupe qui est sur la scène urbanisée d’Intramurock. Carrés et sans manquer de piquant, les textes, tel que Taxi Sleeping, nous emmènent dans un monde qui n’est en fin de compte que le nôtre, sans délicatesse, sans fioriture, sans éclat… tout le contraire de ce que nous offre la formation avec des sonorités inspirées, des moments calmes laissant place à des refrains pêchus et une ambiance intimiste. Il n’y a pas forcément de mouvement dans la foule mais est-ce réellement nécessaire ? La musique qui nous parvient s’écoute et se savoure sans artifice, nul besoin de parasiter tout cela, nous sommes attentifs et appliqués comme François Gauthier. Un véritable petit plaisir qui cependant allait laisser sa place à la confirmation de ce festival, John Doe.

John Doe, comment le définir ? Véritable O.V.N.I. dans le paysage musical boulonnais, le groupe distille un rock psychédélique que les fans de Jim Morrison  ou encore Ian Curtis ne renieraient pas. Véritable enfant de ces deux géants, John Doe a un certain pouvoir hypnotique sur l’audience car si le bassiste et les guitaristes sont la plupart du temps stoïque, le chanteur  et le batteur sont déchaînés, à la limite de l’épilepsie. Nous sommes balayés, soufflés par cette énergie qui à chaque instant nous élève un peu plus vers une atmosphère planante. Car au delà de la puissance musicale que dégage le quatuor, c’est bien cette atmosphère particulière qui nous éblouie, nous sommes en quelques instants conquis et emprunts de tout cela. Le public ne s’y trompe pas et n’est d’ailleurs pas insensible à ce que donne, offre John Doe, présent, il se laisse bercer par cette musique qui est totalement maîtrisée. Chaque note est jouée dans le ton, choisie comme il se doit pour nous procurer l’effet attendu, un dépaysement total et qui manquait à notre ville. Aussi, c’est cette voix et cette présence du chanteur qui nous submerge, nous n’avons pas d’autres choix que de nous laisser totalement inonder… Oui, John Doe est bien la confirmation que nous attendions, puissant, emprunt d’une ambiance envoûtante et jouant une musique qui n’aurait rien à envier aux plus grands du genre. Ce personnage n’est, au contraire de son nom, et ne doit pas rester un inconnu, bien au contraire !

Voilà, nous en étions au dernier groupe de la soirée, au dernier groupe de cette 12ème édition du festival. Si jusque là, celui-ci s’était déroulé de façon « normale », il allait prendre une tournure détonnante, TRoNcKH, principal accusé de cette agitation soudaine, allait exploser les barrières, faire sauter chaque porte de la monotonie et offrir au public la définition de ce que veut dire « Boulogne sur Mer » ! Pas le temps de se poser avec ces gaillards, ici nous jouons dans la cour du Déglingo-Core, un style qui, s’il ne parlait pas à quelques personnes, allait vite mettre La Faïencerie dans un état second. Comme on le dit par chez nous, pas de chichi, ici, la musique du groupe est là pour que nous fassions la fête, que nous nous amusions sans compromis et où surtout, tout le monde est invité à y participer. D’ailleurs c’est à un nombre incroyable d’invités que TRoNcKH a donné rendez-vous ce soir là et c’est dans une ambiance, certes déstructurée mais jouissive, folle que tout le monde a partagé. Pour le reste, comme à son habitude, la formation s’éclate sur scène tout en nous communiquant cette joie de vie, dans la salle ça headbange, ça mosh timidement mais sûrement et lorsque des reprises tel que Enter Sandman ou encore Bulls on Parade retentissent, il y a comme un vent de folie qui s’empare d’Intramurock. Déchaînée, l’audience reprend à tue-tête les morceaux, certains montent sur scène comme ce grand héros qu’est Batman. Oui, même lui ne pouvait manquer cette fête ! Aussi, il y eut ce dernier moment, l’apogée de ce concert qui même sans lui aurait déjà été un souvenir impérissable, I Gueneli ! Seuls ceux présents pourront comprendre ce qui s’est passé dans ces derniers instants, dans une communion totale, la salle ne chantait plus que comme un seul homme, un moment magique… Il était temps de se dire au revoir et de laisser place au rangement et de revenir à notre vie ordinaire, mais il était sûr que celle-ci serait emprunte de souvenirs impossible à oublier…

Il y aurait eu tant de choses que nous aurions pu dire en plus mais en fin de compte, sur ces deux jours, si il n’y avait que deux mots à retenir, ce serait famille et déstructuré. Famille parce que les moments passés avec les bénévoles, techniciens, musiciens et spectateurs ne ressemblaient guère à de simples rencontres lors d’un festival mais plus à une réunion. Et déstructuré car tout était pensé de cette façon, entre ce village où l’urbanisation s’était installée ou encore ces gens venant sur cette scène, d’habitude plus disposée à être régie par des règles strictes. Non, ici il y avait quelque chose que les autres festivals n’ont pas, de la simplicité. Intramurock est un cadeau et il serait dommage que nous le perdions un jour, mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas demain que ça arrivera !

Récit de Lefort Cédric.

Crédits photos : Amélie Mariette, Aurane Evrard, Anaëlle Déon, Martine Morel, Lucie Deleplanque et Luccah Gouby Caron.

Tu as aimé ? Partage cet article !

A Propos de l'Auteur

Un type bien !!

Commentaires via Facebook

Laisser un commentaire